Depuis 2022, les principaux bailleurs actifs dans les projets routiers de la zone CEDEAO — Banque mondiale, BAD, BOAD, Banque islamique de développement — ont sensiblement durci leurs exigences en matière de sauvegardes environnementales et sociales. Ces évolutions, longtemps perçues comme des contraintes procédurales, ont des implications concrètes sur la conduite des études, les délais de préparation des projets, et le contenu des missions des bureaux d'études.
Du PGES sommaire à la gestion environnementale intégrée
Le plan de gestion environnementale et sociale (PGES) était historiquement produit en fin de phase d'études préliminaires, souvent par un spécialiste externe ajouté à l'équipe pour satisfaire une exigence formelle du bailleur. Il était rarement articulé avec les choix techniques. Cette pratique est désormais incompatible avec les cadres ESS (Environnemental et Social Standard) de la Banque mondiale ou le Cadre de Sauvegarde Intégré de la BAD : ces référentiels exigent que les considérations environnementales et sociales soient intégrées dès le tracé en plan et la conception des ouvrages, pas seulement documentées après coup.
Les points de friction les plus fréquents
Sur les projets récents que nous avons conduits, quatre sujets reviennent systématiquement lors des revues de bailleurs : la gestion des zones humides traversées par le tracé (compensation, mesures d'évitement), le plan de réinstallation involontaire lorsque le projet affecte des populations riveraines, le suivi de la qualité des eaux superficielles en phase travaux, et la prise en compte des droits fonciers coutumiers dans les zones rurales où le cadastre est inexistant. Chacun de ces sujets peut bloquer une mission de surveillance si le PGES n'a pas été suffisamment détaillé en phase d'études.
Ce que cela implique pour les équipes d'études
Concrètement, intégrer correctement les sauvegardes dans une étude de faisabilité ou d'APD suppose désormais d'inclure dès la constitution de l'équipe un spécialiste en sauvegardes environnementales et sociales — distinct de l'expert en études d'impact — et de prévoir des interactions avec les communautés riveraines suffisamment tôt pour que leurs retours puissent encore influencer les variantes de tracé. Le calendrier d'études doit en tenir compte : les consultations participatives ne se tiennent pas en quelques jours. Pour un maître d'ouvrage habitué aux délais courts, c'est souvent le premier point de négociation.
African Ways accompagne ses clients dans cette évolution en intégrant les sauvegardes comme une composante technique à part entière de nos missions, et non comme un livrable administratif. La qualité environnementale et sociale d'un projet routier est aujourd'hui un critère de finançabilité au même titre que sa rentabilité économique.


